Ile du sud de la France, quatrième plus grande île de la Méditerranée
La Corse est située à 170 km de la côte niçoise, Elle s'étend sur: 8 569 km2

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Un socle cristallin occupe la grande majorité du sous-sol
Au centre s'élève un massif cristallin, qui s'étend sur presque toute la longueur de l'île,
du nord au sud, la partageant en deux parties
Au nord de ce massif, dans la zone du Niolo, s'élève le point culminant de la Corse,
le monte Cinto ( 2 710 m ). La partie méridionale du massif cristallin est moins escarpée. Les massifs du centre sont creusés par les vallées profondes du Liamone, du Gravone, du Taravo et du Rizzanese, quand ils ne sont pas prolongés par de vastes plateaux.
Dans le nord-ouest de l'île s'étend la plaine de la Balagne tandis qu'au nord-est la Castagniccia élève ses sommets schisteux du Tavignano jusqu'au Cap-Corse.
Une plaine d'alluvions s'étend à l'est et au sud de cette zone schisteuse. La plaine d'Aleria occupe ainsi la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara. Le golfe de Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio, à l'extrême sud de l'île.
De nombreux golfes ( Golfes de Porto, de Sagone, d'Ajaccio et de Valinco)
découpent toute la façade occidentale de l'île.
La région appartient au milieu méditerranéen; son climat est adouci par l'insularité.

 1. HISTOIRE  

L'Homme prit pied en Corse dès la période du Prénéolithique.
Aux chasseurs-nomades
(« La Dame de Bonifacio » date de 6600 av. J.-C.) succédèrent
les peuplades agro-pastorales du Néolithique ancien - (Aleria, Filitosa, Levie).
Ce fut à la fin du Néolithique que les mégalithes se multiplièrent. L'histoire de la
Corse commença véritablement avec la colonisation d'Alalia (Aleria) aux
VIe et Ve siècles av. J.-C.
D'après l'historien grec Hérodote, ce fut par cette colonie que les Phocéens firent
pénétrer dans l'île les cultes religieux et les techniques du monde méditerranéen.
Néanmoins, la présence des Phocéens puis celle des Étrusques et des Carthaginois se limita au littoral.
Au contraire, la prise d'Aleria par les Romains, en 259 av. J.-C., marqua le début d'une longue présence. La romanisation, puis la christianisation, apportèrent un brassage entre autochtones, colons grecs, latins et étrangers.

Durant plusieurs siècles, l'île subit différentes dominations étrangères. Au Ve siècle apr. J.-C., les invasions barbares ( les Vandales puis les Ostrogoths) désorganisèrent les cinq évêchés corses. Les pirates barbaresques et les Sarrasins (du VIIe au XIe siècle) débarquèrent afin de s'assurer d'autres voies maritimes. Face à ces envahisseurs, les Corses s'installèrent à l'intérieur des terres. Au VIIIe siècle, Pépin le Bref confirma l'attribution de l'île au Saint-Siège.
Mais devant les incursions sarrasines régulières, la papauté concéda l'administration de la Corse à l'évêque de Pise en 1077.
Après une période de paix et de prospérité, la rivalité entre Gênes et Pise conduit le pape à attribuer aux Génois trois des six évêchés dès 1133. Les Corses demeurèrent morcelés géographiquement et opposés socialement.
Ceux de l'En deçà, situé au nord-est, soutinrent la domination génoise, avec leur Conseil des Six-Corses.
Ceux de l'Au-delà, situé au sud-ouest, luttèrent contre l'administration de Gênes.
Cette rivalité constante réduisit l'efficacité de la résistance corse contre les conquérants, ce qui permit à Gênes de
dominer l'île de 1284 à 1729.
L'exclusion des Corses dans la haute administration, les inégalités judiciaires et la situation économique déclenchèrent une succession de jacqueries.
Les Corses, alliés à la France, s'opposèrent à Gênes, soutenue par l'Empire autrichien.
Dans ce contexte de désordre, Pasquale Paoli organisa un «gouvernement de la nation corse» en 1755, et contraignit Gênes à vendre la Corse à la France en 1768.
Devant l'importance du parti français et la supériorité militaire française, Pasquale Paoli s'exila pour l'Angleterre en 1769.
Pendant la Révolution française, la Corse, en vertu du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, devint un département français. En 1790, Pasquale Paoli fut rappelé de son exil pour assumer les charges de président du Conseil général et de commandant de la garde nationale.
Affaibli par la maladie, il rompit ses relations avec la Convention et, sous l'influence de Pozzo di Borgo, fit appel à l'Angleterre, qui administra la Corse entre 1794 et 1796. Bonaparte, originaire de l'île, devenu Premier consul, engagea rapidement l'assimilation de la Corse à la France. Cependant, l'île évolua peu.
Au cours du XIXe siècle, l'aménagement du territoire et le développement économique de la Corse restèrent limités tandis que le banditisme et le clientélisme perdurèrent. Malgré l'indifférence de la IIIe République, la majorité des Corses conserva pour la France un attachement et un intérêt profond. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Corse fut le premier département français à être libéré (4 octobre 1943). Ses soldats contribuèrent alors au débarquement de Provence.
Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, de nombreux rapatriés d'origine corse revinrent sur l'île, notamment dans la plaine orientale. Une partie d'entre eux contribua à faire de cette plaine paludéenne une terre agricole rentable.
 

2. LE NATIONALISME CONTEMPORAIN  

À partir des années soixante, les questions économiques et le développement de courants autonomistes et indépendantistes prirent une importance particulière. La région administrative de Corse fut créée en 1970.
Le parc naturel régional vit le jour en 1971. En 1975, la région fut divisée en deux départements distincts. Mais la dépendance économique vis-à-vis du continent et l'abondance des capitaux étrangers sur le territoire corse, notamment, conduisirent les mouvements de revendications autonomistes et indépendantistes à s'engager dans des actions politiques
mais aussi dans des actions armées.
Dès 1974, après la dissolution du Fronte paesanu corsu di liberazione (FPCL), 111 plastiquages furent pratiqués. Après la mort de deux policiers en août 1975 à Aleria, l'Action régionaliste corse (ARC) fut dissoute et le FLNC (Front de libération national de la Corse) fut formé. Mais la répression n'enraya pas la montée de la violence.
Des séries d'attentats furent principalement menées contre les symboles de l'État (bâtiments publics, représentants de l'État) et contre les capitaux étrangers (complexes touristiques étrangers ou métropolitains).
Le FLNC a revendiqué, depuis 1976, plus de 5 000 actions armées.
La loi de décentralisation de mars 1982 attribua à la Corse un statut particulier, lui accordant notamment une assemblée de 51 conseillers élus pour six ans au suffrage universel direct et un président assurant le pouvoir exécutif durant trois ans.
Les autorités françaises prononcèrent la dissolution du FLNC en 1983. L'interventionnisme de l'État se heurta au clientélisme électoral et à l'esprit de clan insulaire. Après l'échec d'un projet, en 1990, où la notion de «peuple corse» comme «composante du peuple français» fut rejetée, l'île obtint, en mai 1991, sa classification comme collectivité territoriale à statut particulier. Avec la loi Joxe, la Corse reçut ainsi des pouvoirs plus étendus que les autres régions : le Conseil exécutif régional devint un véritable organe de gouvernement quasi autonome couvrant les domaines économiques, sociaux et culturels.
Dès lors, les élections régionales de mars 1992 mirent en évidence l'ampleur des mouvements autonomistes (25 p. 100 des suffrages au second tour) et les divergences dans leurs revendications. Ceux-ci furent partagés entre la volonté de négocier un nouveau statut avec l'État (zone franche, pouvoir régional plus étendu), l'acquisition d'un statut proche de celui des Territoires d'outre-mer (TOM) et une indépendance complète. Désorganisées, les luttes indépendantistes dégénérèrent en luttes fratricides.
À la recherche d'une voie nouvelle pour la Corse et en attendant de rétablir un véritable État de droit, l'État laissa jouer les divisions nationalistes. Cependant, en février 1998, le préfet Claude Erignac était assassiné à Ajaccio?; cet attentat qui s'attaquait au plus haut personnage de l'État dans l'île suscita une intense émotion nationale, et plus particulièrement au sein de la population corse. En réponse aux maux endémiques de l'île, l'État français s'est alors lancé dans une vaste opération contre la corruption et le clientélisme.
La justice a ainsi ouvert de nombreuses enquêtes visant certaines personnalités politiques locales et des membres de l'administration régionale, au sujet notamment d'affaires financières et immobilières et de la gestion de la Caisse régionale du Crédit agricole et de la Caisse de développement de la Corse.
En mars 1999, lors d'élections territoriales tenues à la suite de l'annulation de celles de mars 1998, les listes de droite l'ont emporté, la gauche plurielle a reculé et les nationalistes ont progressé.
En avril 1999, la Corse a été touchée par l'affaire dite des « paillotes » : le préfet Bernard Bonnet, soupçonné d'avoir donné l'ordre de procéder à l'incendie d'un restaurant de plage construit en infraction à la législation a été mis en examen. Dans le même temps, il a été soupçonné d'avoir mené une enquête parallèle sur le meurtre du préfet Erignac et d'en avoir informé par notes les services du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur.
Ces événements ont relancé en Corse le débat sur l'autonomie et ont mis en difficulté le gouvernement de Lionel Jospin. En mai, plusieurs militants nationalistes corses, soupçonnés de constituer le « Groupe opérationnel » à l'origine de l'assassinat du préfet Claude Erignac, ont été interpellés et trois d'entre eux ont avoué leur participation à l'attentat. 

3. L'ART ET LA CULTURE CORSE  

Deux siècles après Pasquale Paoli, la francisation n'a pas totalement réduit la culture corse. Le patrimoine légué tout au long de l'histoire corse est remarquable et riche : coffres, dolmens, menhirs du néolithique, tours de la civilisation torréenne
(plateau de Levie, région de Porto-Vecchio), architecture gréco-romaine (Aleria, Mariana)
basiliques paléochrétiennes (Calvi, Sagone, Saint-Florent).
Dès le haut Moyen Âge, un art préroman fut édifié. À la fin du XIe siècle, la République pisane construisit des cathédrales côtières dans la Castagniccia, le Nebbio et la Balagne. Cet art roman pisan est présent jusqu'au XVe siècle. À l'inverse, la présence de l'art gothique demeure limitée. Avec la Contre-Réforme naît l'art baroque.
Il se développe aux XVIe et XVIIe siècles, notamment dans la région de Bastia et en Castagniccia. L'insularité, la présence génoise et les menaces permanentes des pirates barbaresques ont marqué durablement les paysages corses. Gênes a légué de nombreuses citadelles (Bonifacio, Algajola, Porto-Vecchio) et l'office de Saint-Georges a doté l'île d'un système de surveillance en édifiant des tours le long des côtes. La langue corse est également très riche. Elle s'est construite au fur et à mesure des apports extérieurs (racines celto-ligures, influences latine puis toscane et secondairement génoise).
Elle reflète les «vendetta» du passé et reste principalement orale jusqu'au milieu du XIXe siècle, puis devient écrite et est enseignée à l'université de Corte. Aujourd'hui, la polyphonie corse (paghjella, chjama e rispondi) maintient une tradition et une culture, expression et reflet des luttes du passé d'une île et de ses habitants.
Comparée aux réalités économiques, la culture corse a autant de sens et d'importance. L'équilibre est néanmoins difficile à conserver entre ces deux domaines parfois antagonistes.

 4. LE RELIEF 

Un massif cristallin s'étend sur quasiment toute la longueur de l'île, du nord au sud, et la partage en deux parties : au nord, dans la zone du Niolo, se trouve le point culminant de la Corse, le monte Cinto ( 2 710 m d'altitude ), tandis qu'au-delà de la vallée du Golo, d'autres sommets dépassent 2 000 m - le monte Rotondo ( 2 622 m ), le monte d'Oro ( 2 389 m ) et
le Monte Renoso
( 2 352 m ); la partie méridionale du massif, moins escarpée, culmine néanmoins au mont Incudine ( 2 128 m )
Les massifs du centre sont creusés par les vallées profondes du Liamone, du Gravone, du Taravo et du Rizzanese,  ou prolongés par de vastes plateaux. Dans le nord-ouest de la Région s'étend la plaine de la Balagne ( au nord-ouest du Niolo ), tandis      qu'au nord-est, la Castagniccia élève ses sommets schisteux ( 1 767 m à San Petrone ), du Tavignano jusqu'au Cap-Corse.
Une plaine d'alluvions domine à l'est et au sud de cette zone schisteuse ; la plaine d'Aleria s'étend ainsi le long de la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara. Le golfe de Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio à l'extrême sud de l'île, et de nombreux golfes - Porto, Sagone, Ajaccio et Valinco - découpent toute la façade occidentale de l'île.
La Corse dispose d'une couverture forestière importante composée de feuillus - châtaigniers, chênes verts, chênes-lièges, hêtres, bouleaux - et de résineux - pins laricios, pins maritimes. Le maquis est présent sur le littoral et à l'intérieur des terres.
Très dense, parfois impénétrable, sa végétation recèle diverses espèces très parfumées - arbousiers, asphodèles, chardons, cistes, cyclamens, genévriers, myrtes, etc. 

5. LE CLIMAT 

La Région bénéficie d'un climat de type méditerranéen, modifié et adouci par l'insularité et l'altitude de certains massifs. Les précipitations s'élèvent à 900 mm par an environ et se répartissent de façon irrégulière sur l'année. L'espace méridional de la Corse est caractérisé par des conditions climatiques plus chaudes et plus sèches que le Nord, en raison notamment de son relief ouvert aux vents du sud.

 6. LE DÉCOUPAGE ADMINISTRATIF  

La Corse compte deux départements : la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. La Corse dépend de la cour d'appel de Bastia, de l'académie d'Ajaccio, et appartient à la région militaire Méditerranée de Lyon. Elle fait en outre partie de la province ecclésiastique d'Aix-en-Provence.
Bastia est le chef-lieu du département de la Haute-Corse, dont les chefs-lieux d'arrondissement sont Calvi et Corte. Le département de la Corse-du-Sud a pour chef-lieu la ville d'Ajaccio, et Sartène comme chef-lieu d'arrondissement.
La Corse s'est vu attribuer depuis 1982 le statut particulier de collectivité territoriale, et depuis 1992, l'administration de la Région est rattachée à un Conseil exécutif de sept membres et à une assemblée régionale de cinquante et une personnes élues au suffrage universel.

 7. L'ÉCONOMIE 

L'agriculture en Corse représente 10,7 p. 100 de l'emploi régional
(moyenne nationale : 6,8 p. 100) et 2,7 p. 100 du PIB régional (moyenne nationale : 3,2 p. 100). La fertilité des sols y est globalement médiocre, ce qui explique en partie un revenu brut par exploitation inférieur de 35 p. 100 à la moyenne nationale.
Les plaines littorales sont destinées aux cultures commerciales. La Société mixte pour la mise en valeur agricole de la Corse
(la Somivac, créée en 1957)
y a développé des exploitations intensives dont l'activité repose sur une mécanisation et une irrigation efficaces.
L'arboriculture - agrumes, pêches, nectarines, avocats, olives, poires, cerises, abricots, kiwis - et la viticulture sont associées dans la plaine d'Aleria, au sud de Bastia, dans les vallées de Gravone et du Taravo autour de Porto-Vecchio, au nord-ouest de Bonifacio, et entre Calvi et Algajola. Les vergers d'agrumes, dont la clémentine constitue la principale production, occupent une surface totale de 2 300 ha et bénéficient des recherches agronomiques menées notamment par deux stations scientifiques implantées dans la plaine orientale : celle de San Giuliano s'est spécialisée dans l'agrumiculture, tandis que celle de Migliacciaro fait porter ses études sur l'ensemble des vergers.
La viticulture couvre une superficie de 8 500 ha environ. La production s'élève à 700 000 hl/an et s'oriente majoritairement vers les appellations d'origine contrôlées (8 appellations contrôlées). Le vignoble de qualité se situe principalement sur les coteaux d'Ajaccio (cépage dominant : le sciaccarellu) au sud, dans la région de Patrimonio (cépage dominant : le niellucciu), à proximité de Saint-Florent et en Balagne (aux environs de Calvi et de Calenzana) au nord.
Le Cap-Corse produit également d'excellents vins sous l'appellation «coteaux-du-cap-corse» et de remarquables muscats, également d'appellation d'origine contrôlée (dont le célèbre Clos Nicrosi de Rogliano). Quelques grandes exploitations viticoles sont implantées dans le sud de l'île et de la Région : Sartène (appellation «Sartène»), Figari et Porto-Vecchio (appellation «Porto-vecchio»). Les cultures fourragères sont en progression et s'étendent sur une superficie totale de 5 700 ha, dont 2 000 ha consacrés aux céréales.
Les nombreuses forêts de l'île (forêts d'Aïtone, de Vizzavona, etc.) victimes chaque année de multiples incendies, accueillent une économie de montagne, où l'élevage extensif et itinérant (bovins, caprins, ovins, porcins) constitue la principale activité agricole (fromage, charcuterie), notamment l'élevage ovin, également prédominant dans les plaines littorales.
Le cheptel, qui compte environ 130 000 têtes, est principalement orienté vers la production laitière (20 000 brebis laitières), qui alimente en particulier les caves de Roquefort dans les Causses.
Les pâtes de fromage servent également à la production de la brousse « brucciu », fromage de brebis frais et de la tome corse.
En Balagne et dans la Castagniccia, les troupeaux de chèvres dominent, et l'élevage est parfois associé à la culture des châtaignes. Le cheptel porcin ( 35 000 têtes ) est élevé en libre pâture; la chair des bêtes s'imprègne ainsi des parfums des fruits de la forêt - châtaignes, glands, faines - et des herbes odorantes.
Grâce à cette saveur particulière, la cochonnaille corse propose des produits de renom : le lonzu, la coppa, le prisuttu (jambon cru) ou encore les figatelli (saucisses de foie).
Enfin, l'aquaculture tend à se développer. L'élevage des moules, des huîtres, des bars et des daurades dans les étangs de Diane et d'Urbino de la plaine d'Aleria (première région aquacole en 1993 avec une production de 900 t) figurent parmi les principales productions.
Le secteur secondaire emploie 7,5 p. 100 de la population active corse (moyenne nationale : 22,9 p. 100) et ne représente que 21,9 p. 100 du PIB régional (moyenne nationale : 29,8 p. 100).
Le sous-sol de la Région ne contient pas de ressources énergétiques et ses gisements de minerais - antimoine à Vico, fer dans le golfe de Sagone, plomb argentifère en Balagne - sont insuffisants pour être compétitifs.
De plus, la Corse souffre de son insularité : les coûts de production y sont plus élevés et toute vente en dehors de l'île implique nécessairement des frais de transport également plus importants qu'ailleurs.
Les débouchés de l'économie corse et de ses 4 900 entreprises artisanales sont ainsi essentiellement régionaux. Toutefois, cette faiblesse du marché intérieur incite de nombreuses industries - 95 p. 100 d'entre elles comptent moins de 10 salariés - à acquérir une envergure nationale. Le bâtiment et les travaux publics (BTP) emploient 12 p. 100 de la population active régionale (contre une moyenne nationale de 7,2 p. 100), la Corse ayant en effet de considérables besoins en matière d'infrastructures liées aux transports notamment.
Le marché intérieur et les industries sont concentrés dans les deux plus grandes agglomérations de l'île : Bastia, premier pôle économique de la Région, où sont regroupées les principales industries du département (tabac, bois, agroalimentaire); Ajaccio, second pôle industriel de l'île, abrite les plus importantes industries de la Corse-du-Sud. Enfin, Porto-Vecchio accueille l'industrie du chêne-liège et des salines.
Le secteur tertiaire représente 81,8 p. 100 de l'emploi régional ( moyenne nationale : 70,3 p. 100 ) et 75,4 p. 100 du PIB régional : ( moyenne nationale : 67 p. 100 ).
Les villes portuaires 1 230 000 passagers transitent chaque année par le port de Bastia, 4e port français et 25e au niveau européen, et plus de la moitié du trafic de marchandises de la Région par son port de commerce.
L'aéroport de Bastia-Poretta accueille 670 000 passagers par an.
Le trafic passager du port d'Ajaccio ( 750 000 personnes par an ) est inférieur à celui de Bastia, tandis que le port de commerce est essentiellement tourné vers l'importation de produits alimentaires, d'hydrocarbures et de matériaux de construction. 520 000 voyageurs utilisent l'aéroport de la ville chaque année.
Toutefois, malgré cette relative faiblesse par rapport à Bastia, l'agglomération est un centre tertiaire et décisionnel important, siège de l'Assemblée territoriale corse créée en 1992.
Porto-Vecchio est le troisième port de commerce et de voyageurs de la Région. Globalement, 60 p. 100 du trafic portuaire de marchandises est importé du continent, contre 6 p. 100 provenant de l'étranger. La Corse exporte 29 p. 100 du trafic portuaire de marchandises vers le continent et 5 p. 100 à l'étranger.
Le dynamisme du secteur tertiaire repose essentiellement sur le tourisme, principale activité et principale ressource de l'île. Le milieu méditerranéen, la riche culture corse et le maintien d'un environnement protégé - notamment dans le cadre du parc naturel régional de la Corse, créé en 1970 - permettent à « l'île de beauté » de maintenir ce pan de l'économie régionale en constant développement. En moyenne, la région accueille annuellement 1 300 000 touristes, dont plus de 600 000 pour la seule période estivale. Les dépenses de ces touristes s'élèvent à plus de 2,5 milliards de francs.
Le tourisme balnéaire est le plus favorisé, la Corse disposant en effet d'un riche littoral, étendu sur plus de 1 000 km. Les stations balnéaires à forte capacité d'hébergement sont principalement localisées sur la façade occidentale de la Région : Saint-Florent au nord, l'Île-Rousse, Algajola et Calvi sur le littoral de la Balagne, Porto, Cargèse, Porticcio et Propriano, dans les golfes de la côte ouest, enfin Bonifacio à la pointe sud de la Corse.
Trois stations balnéaires à forte capacité d'hébergement sont implantées sur le littoral oriental : Moriani-Plage, Solenzara et Porto-Vecchio. Certaines régions naturelles - la Balagne et le Cap-Corse au nord par exemple - sont également très prisées. La Région possède par ailleurs plusieurs sites préhistoriques et historiques ouverts au public : Sartène, au sud-ouest; le musée de Préhistoire corse, à Aleria, sur la côte est; un site occupé dès l'époque néolithique puis par des Grecs de Phocée au VIe siècle av. J.-C., à Filitosa, au nord de Bonifacio; des vestiges des époques néolithique, mégalithique, torréenne et romaine

La montagne corse connaît un succès touristique significatif; au nord-est du monte Rotondo, Corte est un lieu de séjour estival apprécié et un point de départ pour de nombreuses excursions. De même, Vizzavona - l'une des plus belles forêts de Corse, s'étendant sur 1 526 ha , située au centre de la Région, est un site très fréquenté principalement pour ses sentiers et ses routes forestières. Enfin, lors de la saison hivernale, plusieurs stations de sports d'hiver sont ouvertes :
Muratello, dans la forêt de Vizzavona (entre 1 500 m et 2 000 m d'altitude), Évisa (col de Vergio), Haut-Asco, Soccia,
Quenza ou Ghisoni.
En dépit de ces atouts naturels et culturels, l'activité touristique reste marquée par les faiblesses économiques conjoncturelles de l'île : le marché de l'emploi régional connaît un taux de chômage de 14,9 p. 100 (moyenne nationale : 10,8 p. 100)
Le poids de l'insularité et la faiblesse du marché intérieur réduisent en effet les potentialités du tourisme et ses retombées pour l'emploi régional. De même le réseau de transports est largement insuffisant; le trafic des quatre aéroports
( Bastia, Ajaccio, Calvi et Figari ) est par exemple inférieur à celui des Baléares, les ports de voyageurs ( Ajaccio, Bastia, Bonifacio, Calvi, l'Île-Rousse, Porto-Vecchio et Propriano) et le réseau des routes nationales et départementales nécessitent une amélioration.
Les infrastructures d'hébergement touristiques sont également insuffisantes, puisque la Région dispose d'une capacité hôtelière réduite à 10 000 chambres ( 12 000 chambres d'hôtel en Lorraine ).
Cependant, l'équilibre est difficile à trouver entre, d'une part, l'indispensable développement d'infrastructures inadaptées à l'économie locale et, d'autre part, une exploitation des ressources touristiques de l'île - de nouvelles constructions immobilières contribueraient à menacer le littoral - ce qui nuirait gravement à l'environnement et à la nature corse jusqu'ici « préservés ». Les problèmes politiques liés aux divers mouvements nationalistes présents sur l'île ont sensiblement réduit, ces dernières années, le tourisme en provenance de la France continentale; parallèlement, la part des visiteurs italiens s'est accrue de façon significative.

 Superficie : 8 569 km2 / Population (1990) : 249 737 habitants.